RBPP dans les TND (troubles du neurodéveloppement)
Sommaire
Recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) dans les troubles du neurodéveloppement
Vous vous interrogez sur la qualité des accompagnements proposés à une personne concernée par un trouble du neurodéveloppement (TND) ?
Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) constituent le cadre de référence national pour :
- guider les pratiques des professionnels
- et garantir des accompagnements fondés sur des données fiables.
Cette fiche explique ce que sont les RBPP, à quoi elles servent et où les trouver.
Suis-je concerné ?
Cette fiche vous concerne si vous êtes :
- une personne concernée par un trouble du neurodéveloppement
- un parent ou proche aidant
- un professionnel du secteur sanitaire, social ou médico-social
- un acteur de l’éducation ou de l’insertion
Comprendre les RBPP
– Que sont les RBPP ?
Les RBPP sont des recommandations élaborées par la Haute Autorité de Santé (HAS).
Elles ont pour objectif d’aider les professionnels à améliorer la qualité des accompagnements et des interventions.
Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles sont des références utilisées pour :
- les pratiques professionnelles,
- les projets d’accompagnement,
- les démarches d’amélioration continue de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS).
Elles reposent sur une méthodologie rigoureuse :
- une analyse des connaissances scientifiques disponibles,
- un consensus d’experts,
- la consultation des personnes concernées et de leurs proches.
La Haute Autorité de santé classe les approches selon leur niveau de preuve :
- Recommandées : efficacité démontrée scientifiquement
- Non consensuelles : données encore insuffisantes
- Non recommandées : absence de preuve ou risques identifiés
Ce processus permet de croiser connaissances scientifiques et réalités du terrain.
Les RBPP s’inscrivent dans une démarche d’amélioration continue de la qualité, en plaçant la personne et sa famille au centre du dispositif.
Les RBPP s’inscrivent dans une démarche d’amélioration continue de la qualité, en plaçant la personne et sa famille au centre du dispositif.
– À quoi servent les RBPP ?
Les RBPP ont pour objectif de garantir un accompagnement plus cohérent et plus sûr en :
- harmonisant les pratiques sur tout le territoire,
- garantissant la bientraitance,
- favorisant l’autonomie et la qualité de vie,
- orientant vers des interventions adaptées et évaluées.
À retenir
- Les RBPP guident les pratiques,
- elles sont basées sur les connaissances scientifiques les plus récentes,
- elles s’appliquent sur tout le territoire français,
- elles ne remplacent pas le jugement clinique,
- elles évoluent régulièrement.
- Voir le guide « Guide méthodologique des RBPP» élaboré par la HAS.
– Pourquoi les RBPP sont-elles importantes ?
Pour les personnes concernées et leurs proches
Les RBPP garantissent que :
- Vous recevrez un accompagnement fondé sur des preuves scientifiques
- Les professionnels utilisent des méthodes reconnues comme efficaces
- Votre parcours de soins sera cohérent, où que vous soyez en France
- Vos droits seront respectés
Pour les professionnels
Les RBPP permettent de :
- S’appuyer sur des références communes
- Faire évoluer leurs pratiques
- Coordonner les interventions entre professionnels
- Améliorer continuellement la qualité de l’accompagnement
En tant que professionnel, comment bien accueillir les patients autistes en consultation ?
La Haute autorité de santé a publié un guide d’amélioration des pratiques professionnelles concernant l’accueil et l’amélioration des soins aux personnes en situation de handicap.
Vous pouvez le retrouver ici.
Vous pouvez aussi consulter cette vidéo de la HAS : améliorer le parcours de santé du patient en situation de handicap.
Mes démarches
Bénéficier d’une qualité de soins et d’accompagnements adaptée à votre trouble du neurodéveloppement est un droit. N’hésitez pas à :
- Vérifier si l’accompagnement proposé s’appuie sur des RBPP en vigueur.
- Demander aux professionnels quelles recommandations guident leurs pratiques.
- En cas de doute, consulter directement les documents officiels de la HAS.
- S’appuyer sur les RBPP pour échanger avec les équipes et poser un cadre commun.
À qui m’adresser ?
- Aux professionnels qui accompagnent la personne concernée.
- Aux établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS).
- Aux structures de coordination du parcours (selon l’âge et le territoire).
- À la HAS, pour accéder aux recommandations officielles.
Quelles sont les RBPP dans les TND ?
Toutes les interventions recommandées par la HAS partagent des caractéristiques communes :
- Précocité : commencer le plus tôt possible
- Individualisation : adaptées à chaque personne
- Intensité : suffisamment fréquentes pour être efficaces
- Coordination : plusieurs professionnels travaillent ensemble
- Participation des familles : les proches sont des partenaires essentiels
Concernant tous les troubles du neurodéveloppement :
Cette recommandation constitue une actualisation de la recommandation publiée en 2012 par la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’ex-ANESM « Autisme et autres troubles envahissants du développement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent ».
–> Objectif de la recommandation
Cette RBPP vise à améliorer la qualité des interventions proposées aux enfants et adolescents autistes.
Elle a pour objectif de permettre :
- un parcours de vie cohérent,
- des interventions adaptées aux besoins,
- un accès à des environnements apprenants et inclusifs,
- une meilleure coordination entre les acteurs du soin, de l’accompagnement et de l’éducation.
–> Public concerné
Cette recommandation concerne :
- les nourrissons, enfants et adolescents autistes,
- leurs parents et proches aidants,
- les professionnels du sanitaire, du médico-social, de l’éducation et de l’accompagnement,
- l’ensemble des acteurs impliqués dans le parcours.
–> Évaluer régulièrement le fonctionnement
L’évaluation du fonctionnement est indispensable pour définir et ajuster le projet personnalisé d’intervention.
Elle doit être :
- multidimensionnelle,
- pluriprofessionnelle,
- régulière,
- basée sur des observations partagées entre parents et professionnels.
–> Soutenir et former les parents
Le soutien et la formation des parents sont indispensables.
Ils doivent prendre en compte leur expertise et leur vécu du quotidien.
Ils peuvent inclure :
- guidance parentale,
- psychoéducation,
- éducation thérapeutique,
- groupes de soutien et d’entraide,
- pair-aidance pour les familles,
- dispositifs de répit.
–> Mettre en œuvre des interventions recommandées
Les interventions globales recommandées sont :
- développementales,
- comportementales.
Elles doivent débuter le plus tôt possible, dès les premières interrogations diagnostiques.
Elles se poursuivent pendant l’enfance et l’adolescence, avec une vigilance renforcée lors de la transition vers l’âge adulte.
Les interventions peuvent concerner :
- l’autonomie dans la vie quotidienne,
- la communication,
- les habiletés sociales,
- la sensorialité,
- la motricité.
–> Améliorer la communication, dès le début
Tout projet d’intervention doit inclure un volet personnalisé sur la communication.
Aucun prérequis n’est nécessaire pour commencer.
Lorsque cela est indiqué, la communication alternative et améliorée (CAA) est un pilier du projet global et doit être proposée dès les premières étapes de l’accompagnement.
–> Adapter l’environnement
L’environnement de vie doit être pensé pour répondre aux besoins de l’enfant ou de l’adolescent.
Cela peut inclure des adaptations :
- des espaces,
- du temps et des routines,
- des supports d’information et de repérage.
L’objectif est d’adapter l’environnement aux besoins individuels.
–> Mobiliser des outils numériques si besoin
Des aides techniques peuvent faciliter l’accès et le suivi des interventions, notamment :
- outils numériques,
- téléexpertise,
- accompagnement à distance lorsque cela est adapté.
–> Éducation, scolarisation et vie sociale
Favoriser la scolarisation et la coordination
La scolarisation des enfants et adolescents autistes nécessite une coordination étroite entre :
- les professionnels de santé et de l’accompagnement,
- l’école ou les structures d’apprentissage,
- les parents.
Les professionnels des établissements scolaires et de l’apprentissage doivent pouvoir bénéficier :
- d’une formation,
- d’un soutien,
afin d’adapter l’accompagnement aux besoins des élèves et étudiants autistes.
Encourager le sport, les loisirs et la culture
Les activités physiques et sportives font partie intégrante du projet d’intervention.
La participation aux loisirs, aux vacances et à la culture doit être encouragée.
Elle doit tenir compte des intérêts et des besoins de la personne.
–> Suivi médical et soins
Assurer un suivi médical régulier
Les enfants et adolescents autistes doivent bénéficier d’un suivi médical régulier en soins primaires, afin de :
- prévenir certaines difficultés,
- repérer précocement les besoins,
- prendre en charge les comorbidités fréquentes.
Ces comorbidités peuvent concerner notamment :
- l’épilepsie,
- le sommeil,
- l’alimentation,
- les troubles digestifs.
Adapter les soins et sensibiliser les professionnels
Les professionnels de santé doivent être sensibilisés à l’autisme, notamment sur :
- les modalités d’accueil,
- l’adaptation des soins,
- la communication,
- la participation de l’enfant ou de l’adolescent aux soins.
Encadrer strictement les prescriptions médicamenteuses
Il n’existe pas de traitement médicamenteux ou biomédical spécifique de l’autisme.
Toute prescription, notamment de psychotropes, doit être :
- strictement encadrée,
- précédée d’un bilan initial,
- expliquée aux familles,
- accompagnée d’une surveillance régulière,
- conduite en lien avec la personne, sa famille et les professionnels impliqués.
–> Adolescence et transition vers l’âge adulte
Renforcer la vigilance à partir de l’adolescence
À partir de l’adolescence, la fréquence des comorbidités psychiatriques augmente.
Les professionnels doivent rester vigilants pour permettre une intervention spécialisée précoce si nécessaire.
Préparer la transition vers l’âge adulte
La continuité des soins et des interventions adaptées doit être assurée jusqu’à l’entrée dans la vie adulte.
Les professionnels doivent organiser :
- une transmission coordonnée des informations,
- la mise en place des relais nécessaires,
- une transition construite avec l’adolescent ou jeune adulte et sa famille.
Diagnostic à l’adolescence ou à l’âge adulte
Un diagnostic posé à l’adolescence ou à l’âge adulte est essentiel pour accéder à un accompagnement adapté.
Il est important de prévenir les risques de surdiagnostic ou de sous-diagnostic.
Le diagnostic doit s’appuyer sur une approche :
- clinique,
- multidimensionnelle,
- pluriprofessionnelle.
–> Situations particulières : autisme à besoins intensifs (« Profound Autism »)
Les personnes présentant un autisme dit Profound Autism ont des besoins spécifiques à la fois :
- intensifs,
- constants,
- globaux.
Elles nécessitent un accompagnement renforcé.
–> Vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS)
L’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) doit être proposée.
Elle doit être adaptée aux spécificités de chaque adolescent ou jeune adulte autiste.
–> Protection de l’enfance
La formation des professionnels de la protection de l’enfance à l’autisme est indispensable.
Elle permet de :
- prévenir des signalements injustifiés,
- adapter l’accompagnement aux besoins des enfants ou adolescents autistes.
La coordination entre les acteurs (Protection de l’enfance, Justice, Éducation nationale, médico-social, etc.) doit être assurée par :
- un travail en réseau,
- des réunions de coordination interinstitutionnelles.
–> Comportements-problèmes : prévenir et répondre aux comportements-problèmes
Les comportements-problèmes doivent faire l’objet :
- d’un bilan médical,
- d’une analyse fonctionnelle,
- d’interventions comportementales adaptées.
–> Rôle et formation des professionnels
Former et superviser les pratiques
Les recommandations doivent être intégrées dans toutes les formations initiales et continues, quels que soient les métiers concernés.
La supervision des pratiques, lorsqu’elle est conduite dans le respect des recommandations, est un levier important. Elle favorise l’application concrète des recommandations dans les pratiques quotidiennes.
Renforcer la coordination des interventions
Les professionnels contribuent à la qualité du parcours par une approche :
- multidisciplinaire,
- coordonnée,
- centrée sur les besoins de la personne et de sa famille.
-
Cette recommandation a pour objectif de favoriser un repérage et un diagnostic précoce chez l’enfant afin de mettre en œuvre et d’harmoniser des interventions adaptées, au plus tôt.
L’objectif est de favoriser le développement et les apprentissages et ainsi réduire les surhandicaps.
La recommandation schématise le parcours de l’enfant et de sa famille et s’articule autour du plan suivant :
- Des signes d’alerte à la consultation dédiée en soins primaires (cf. synthèse dédiée aux professionnels de 1ère ligne)
- Diagnostic et évaluation initiale du fonctionnement de l’enfant (cf. synthèse dédiée aux professionnels de 2e ligne)
- Annonce du diagnostic médical et information aux familles (cf. synthèse Annonce et Information)
- Parcours du repérage au diagnostic (cf. texte des recommandations)
- Conditions pour une appropriation des recommandations et perspectives (cf. texte des recommandations)

La HAS précise que ne sont pas recommandées :
- les approches fondées exclusivement sur des théories psychanalytiques appliquées au TSA, le packing (enveloppement humide),
- les méthodes non évaluées scientifiquement,
- les pratiques retardant la mise en place d’interventions adaptées.
La HAS rappelle que les interventions doivent s’appuyer sur les données actuelles de la science et sur une organisation coordonnée.
À retenir
- Les interventions recommandées sont développementales et comportementales, et doivent commencer le plus tôt possible.
- Le projet d’intervention repose sur une évaluation régulière, multidimensionnelle et partagée.
- La communication est un axe central, avec recours possible à la CAA dès le début si nécessaire.
- Les parents doivent être soutenus et formés, avec accès à la guidance et au répit.
- La scolarisation nécessite une coordination forte entre parents, école et professionnels.
- Il n’existe pas de traitement médicamenteux spécifique : les prescriptions doivent être encadrées.
- La transition vers l’âge adulte doit être anticipée et organisée.
Cliquez sur les images suivantes pour consulter et télécharger les RBPP :
B. Les RBPP pour les adultes autistes
La recommandation « Les interventions et les parcours de vie de l’adulte » (2018) vise à placer l’adulte autiste au cœur de la construction de son parcours de vie.
Elle propose ainsi aux professionnels un cadre d’interventions spécifiques, tant sanitaires que médico-sociales, pour favoriser l’inclusion et une meilleure qualité de vie des adultes avec des troubles du spectre de l’autisme.
Cliquez sur les images suivantes pour consulter et télécharger les RBPP :
Les RBPP pour les autres troubles du neurodéveloppement
À retenir
Les Recommandations de Bonnes Pratiques Professionnelles (RBPP), élaborées par la Haute Autorité de Santé (HAS), servent de références nationales.
Elles visent à garantir la qualité de l’accompagnement des personnes présentant un trouble du neurodéveloppement (TND).
Elles ont pour objectifs de :
- s’appuyer sur les données scientifiques les plus récentes,
- harmoniser les pratiques sur tout le territoire,
favoriser la bientraitance, l’autonomie et la qualité de vie, - associer les familles comme partenaires à part entière.
Les interventions recommandées dans les RBPP sont :
- précoces, dès les premiers signes,
- individualisées, selon les besoins de chaque personne,
- coordonnées, entre les professionnels,
- intensives et évaluées régulièrement.
Les approches sont classées selon leur niveau de preuve :
- Recommandées : efficacité démontrée scientifiquement,
- Non consensuelles : données encore insuffisantes,
- Non recommandées : absence de preuve ou risques identifiés.
Les RBPP constituent un cadre commun de qualité pour les professionnels du soin, de l’éducation et du médico-social, au service d’un accompagnement cohérent, adapté et respectueux des personnes et de leurs familles.
Point de vigilance : certaines recommandations anciennes (ex. 2012) sont en cours d’actualisation. Vérifiez toujours la date et la version.
Ressources complémentaires
- Sante.gouv.fr : Définition, fonctionnement & différentes formes de l’autisme
- Handicap.gouv.fr – Les troubles du neurodéveloppement
- Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux communément appelé DSM (publié en 2013, disponible en français depuis 2015 dans sa cinquième version : DSM-5), section « Troubles neurodéveloppementaux »
- Classification Internationale des Maladies 11e révision (CIM-11) entrée en vigueur en 2022, section « Troubles neurodéveloppementaux »